Bonjour et bienvenue dans Le Dico ! Aujourd’hui, on vous propose un épisode sur les vaccins !
Ça va faire mal mais c’est pour ton bien !…Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas été ré-entraînée en version 2 avec du contenu nécessitant Nord VPN. Je parle toujours bien des vaccins.
Pour commencer nous allons parler sommairement d’immunité (on vous fera un épisode dédié plus tard). Le corps humain est équipé de cellules spécialisées qui défendent l’organisme contre les bactéries et les virus. Lorsque ces micro-organismes pathogènes entrent dans votre corps, les cellules du système immunitaire vont s’activer tels des agents spécialisés pour isoler et détruire l’ennemi. Quand tout se passe bien, vous ne le sentez même pas passer. Quand la bataille s’éternise c’est là que vous avez de la fièvre et que vous tombez malade. Jusqu’à ce que le système immunitaire reprenne le dessus et triomphe de l’infection…ou malheureusement si c’est l’ennemi qui gagne, jusqu’au décès.
Car oui, on a toujours en 2026 beaucoup d’infections dangereuses qui traînent. On a tendance à l’oublier vu que les maladies infectieuses sont largement moins craintes qu’au moyen âge grâce aux antibiotiques, à une meilleure hygiène…et aux vaccins qui permettent de lutter contre. Mais ça marche comment en fait, un vaccin ?
Le principe des vaccins repose sur une caractéristique intrinsèque du système immunitaire : Comme un bon soldat, il est capable de s’entraîner et d’apprendre de ses expériences passées. Par exemple : Si vous faites une grippe à cause du virus H1N1, votre système immunitaire va garder en mémoire que cet ennemi existe et comment il faut le combattre. Et bien c’est exactement ce qu’on va faire avec les vaccins : Entraîner votre immunité. Ainsi lorsque votre corps sera en situation de combat, il saura mieux se défendre et, selon les cas, ou l’agent infectieux n’entraînera pas de symptôme (vous ne serez pas malade) ou l’étendue et la sévérité des symptômes seront plus faibles.
Mais comment a t’on eu cette idée ? On va faire un peu d’histoire de la médecine et remonter au XVIIIe siècle.
A cette époque, une maladie aujourd’hui éteinte était assez commune : la variole. Et, joyeuseté de l’époque oblige, commune ne veut pas dire que c’était un rhume. Une personne infectée sur trois mourait . Ça fait beaucoup hein ? Maintenant si je vous dis que ce truc était super contagieux ? C’est-à-dire deux fois plus que la souche originelle du Covid-19 ? Le “petit truc” qui vous a fait boucler des pays entier avec un taux de mortalité de 2% environ. Est-ce que maintenant vous visualisez comment la variole ça vend du rêve ? C’est bien que ça n’existe plus maintenant, hein ?
Donc nous disions, en ces temps enchanteurs, on essayait tout et n’importe quoi pour se protéger de la variole. Parmi les méthodes alors en pratique il y avait la variolisation, c’est-à-dire qu’on prenait du pus ou des croûtes sur quelqu’un atteint de la variole et on les inoculait sur un sujet sain. Si ça se passe bien (et le conditionnel est important) la personne faisait une variole pas trop grave et derrière ne contractait pas la variole “naturelle”. Mais globalement 2% des personnes variolisées faisait une variole tout à fait normale et décédait. Et quand vous faites une variolisation à toute une population…bon…“c’est pas ouf” (c’est le terme technique). Mais à défaut de mieux on s’en contente.
Vient alors la fin du XVIIIe siècle et un constat : dans les fermes, les personnes au contact des vaches attrapaient souvent une maladie nommée vaccine, c’était très visible car des pustules se formaient sur la peau, accompagnée d’un léger état grippal. Et bien les personnes ayant souffert de la vaccine…étaient protégées de la variole. Des médecins ont alors fait un test : exposer un enfant à la vaccine, dans l’idée de pouvoir le protéger contre la variole. Une fois la vaccine inoculée, c’est-à-dire la vaccination (oui oui, ça vient de là), il lui a inoculé la variole pour voir ce qui se passait. Et là… rien du tout. La vaccination était née. C’est plus tard que le terme sera réutilisé pour d’autres maladies, mais sans aucun lien avec la vaccine originelle.
Aujourd’hui on sait précisément pourquoi cela fonctionne, la vaccine est causée par un virus de la famille des Orthopoxvirus, tout comme la variole. Et quand le corps s’entraîne à lutter contre l’un, il s’entraîne aussi contre l’autre qui est similaire.
La vaccination c’est donc cette idée simple : Utiliser une substance pour faire l’entraînement de votre système immunitaire sans utiliser des balles réelles et mettre votre vie en danger.
Pour y parvenir, les scientifiques ont développé plusieurs stratégies. Elles ont toutes le même objectif : montrer une “photo” de l’ennemi au système immunitaire, sans lui faire subir la vraie attaque. Pour cela, plusieurs méthodes :
- Les vaccins à virus vivants atténués : On prend le véritable virus, mais on l’affaiblit en laboratoire. Il est encore capable de se multiplier un peu, juste assez pour déclencher une réponse immunitaire, sans provoquer la maladie chez une personne en bonne santé. On obtient une efficacité souvent très forte et durable mais comme le virus reste vivant, on ne peut pas utiliser cette technique chez des personnes immunodéprimées.
- Exemple : Rougeole, oreillons, rubéole et varicelle.
- Les vaccins à sous-unités : Ici on va prendre des morceaux de bactérie ou de virus, la partie du pathogène qui déclenche la réaction immunitaire, tout en enlevant les parties dangereuses. On peut par exemple prendre une toxine inactivée générée par une bactérie et l’injecter au patient. Le problème est qu’on injecte quelque chose de plus pur, de moins naturel et on a donc une réponse du corps plus faible.
- Exemple : Tétanos, diphtérie, papillomavirus.
- Les vaccins à ARN messager : Plus récents et permis grâce au génie biologique, ils reprennent le principe des vaccins à sous-unité dans leur finalité. On va injecter à votre corps une séquence d’ARN dit messager qu’il va lire pour produire des protéines qui sont la signature de celles propres au pathogène (le plus souvent des antigènes). Votre système immunitaire va alors combattre cette protéine “signature” et faire son entraînement. L’ARN messager est ensuite détruit par le corps, ce qui arrête la création des protéines “d’entraînement”. Comme on est sur une production par le corps humain, cela ressemble plus à une “vraie” infection et on obtient donc une efficacité très élevée. Autre avantage, on peut très facilement “recoder” le vaccin pour s’adapter à des variants.
- Exemple : Les vaccins de Moderna et Pfizer contre le COVID-19.
Comme tout médicament, un vaccin est constitué du principe actif et de sa matrice, voir notre épisode du Dico dédié. On vient de voir ce qui constitue le principe actif du vaccin, mais qu’en est-il de la matrice ?
Dans une matrice vaccinale on va principalement trouver des adjuvants, des stabilisants, des conservateurs et de l’eau pour injection. Ici, la notion d’adjuvant est très spécifique à un vaccin donc on va s’arrêter dessus : Les adjuvants sont à voir comme un complément direct, un compagnon, au principe actif. Avec lui, on va pouvoir moduler la réponse immunitaire, c’est-à-dire renforcer la réaction du corps au vaccin, ce qui améliore l’effet recherché. Grâce aux adjuvants des vaccins à sous-unités, classiquement moins efficaces, peuvent aller chercher des taux de réponse vaccinale comparables aux vaccins à virus vivants atténués et donc mieux protéger les patients. L’adjuvant le plus connu et utilisé était l’aluminium, mais avec les technologies récentes il a tendance à être remplacé par des molécules bien plus efficaces avec plein de noms super compliqués et qu’on va donc s’épargner d’aborder ici, mais vous pouvez par exemple regarder l’AS01B pour avoir une bonne idée.
Concernant les effets secondaires, les plus fréquents sont encore une fois propres aux mécanismes d’action des vaccins. Le plus commun étant une poussée de fièvre, ce qui s’explique facilement avec ce qu’on vient de voir. Le but du vaccin étant de créer une réaction immunitaire, la fièvre en est la manifestation la plus courante. Vous pouvez également ressentir de la fatigue et, votre système étant un peu occupé, vous avez une probabilité plus élevée d’être sensible à un autre pathogène qui traînerait dans les parages.
Cependant, si l’on compare avec d’autres types de médicaments, ces effets indésirables sont très rares et bénins. Ils se manifestent le plus souvent dans les jours ou semaines qui suivent l’injection et il est très improbable qu’un nouvel effet apparaisse des années plus tard. Ce qui reste très logique si l’on garde à l’esprit qu’on ne fait que stimuler des systèmes existants dans le corps humain.
Enfin, contrairement aux autres médicaments, certains vaccins ont une spécificité unique : il vous empêche de tomber malade ET d’incuber la maladie, ce qui veut dire qu’il vont aussi vous empêcher d’être contagieux. Ces vaccins vous protègent donc vous, ainsi que les autres personnes dans votre entourage. Et ça c’est intéressant en société, car comme on l’a vu, les personnes les plus faibles ne peuvent pas toujours être vaccinées, on peut donc les protéger en vaccinant les personnes autour d’elles. Cela nous amène à la notion de couverture vaccinale : Pour chaque maladie infectieuse, il existe un seuil de population immunisée au-delà duquel la maladie ne peut plus se propager durablement.
Par exemple pour la rougeole, si la couverture vaccinale est de plus de 95%, le virus ne peut pas continuer de circuler. Cela pose un défi conséquent en termes d’adhésion des populations à la vaccination.
En conclusion, les vaccins sont simplement des outils d’entraînement pour le système immunitaire. Il faut garder à l’esprit que c’est votre propre corps qui est déjà remarquablement efficace et que le vaccin évite juste une première confrontation en conditions réelles. L’avancée scientifique sur les vaccins a permis de faire disparaître des maladies gravissimes comme la variole et permet aujourd’hui de réagir face à une pandémie mondiale.
Cependant, pour les maladies contagieuses, cette efficacité repose sur un principe fondamental : la vaccination est un effort collectif. Se vacciner, ce n’est pas seulement se protéger soi-même, c’est aussi contribuer à un équilibre qui protège les plus vulnérables et empêche les maladies de circuler à nouveau.
Si cet épisode vous a donné envie d’aller plus loin, n’hésitez pas à nous dire en commentaire si des épisodes dédiés aux maladies adressées par la vaccination vous intéressent.
C’était Sofia, n’oubliez pas de réfléchir par vous-même et à la prochaine.

