Bonjour et bienvenue dans Le Dico ! Aujourd’hui, on vous propose un épisode sur le médicament placebo !
- Bah pourquoi tu fais la gueule ?
- Non mais tu sais, pour ma maladie, on m’a proposé de participer à un essai clinique, mais le médicament me fait absolument rien, donc soit leur trouvaille révolutionnaire est à chier, soit je suis dans le bras placebo.
- Dans le quoi ?
Attention, on ne parlera pas d’effet placebo, aussi appelés effets contextuels, et dont vous avez déjà pu entendre parler. Les effets contextuels, ce sont tous les éléments de contexte (le sourire du médecin, la couleur du médicament, les retours positifs qu’on vous a fait dessus etc…) qui vont pouvoir avoir une influence sur l’effet d’un médicament sur le corps. Non non, ici On va définir le médicament utilisé comme un placebo, notamment dans une étude clinique avec un groupe contrôle.
Parce que quand on veut évaluer un nouveau médicament, il faut comparer son efficacité (sur des patients dans un groupe dit “test”) à celle d’un autre truc (sur les patients dans un groupe dit “contrôle”). Et pour ce groupe contrôle, il y a deux possibilités : soit un autre médicament qu’on utilise habituellement dans ce problème, soit un placebo. Le choix de la méthode repose sur plusieurs critères. Par exemple, si on veut tester un nouveau traitement contre un cancer qui se soigne très bien avec une chimiothérapie déjà connue, il sera éthiquement impensable de donner un placebo au patient, au risque qu’il meurt alors qu’un médicament efficace existait. En revanche, pour un truc bénin comme un rhume, on peut utiliser un placebo puisque l’absence de traitement n’est pas dangereuse pour le patient.
Ce placebo, c’est tout simplement la même chose que le médicament qu’on teste… mais sans l’effet qui va avec. ça a la même couleur, le même goût, la même taille, mais il n’y a rien d’actif dedans. En somme, ce sont juste des excipients : du lactose, du sucre, des polymères, des colorants… Et là, vous devez avoir en tête l’image d’un comprimé. Alors qu’un placebo, ça peut être une gélule, un collyre, un sirop, ou même un liquide de perfusion, n’importe quoi tant que c’est présenté comme un médicament. Il doit uniquement respecter deux règles : n’avoir aucun effet propre sur l’humain à la dose utilisée, et ressembler à s’y méprendre au médicament qu’on veut tester. C’est le principe de l’essai en aveugle qu’on a défini dans une vidéo précédente : pour voir une différence entre deux médicaments, il ne faut pas que ni les patients, ni les médecins ne sachent ce qu’ils prennent et prescrivent. C’est à ça que sert le médicament placebo.
On peut aussi s’en servir quand on veut soulager un patient avec des symptômes modérés pour lesquels aucun médicament n’est validé, pour ne pas “ne rien donner”. Mais ça reste assez rare et c’est déontologiquement discutable. Dans la majorité des cas, les médicaments placebos servent surtout dans des protocoles de recherche, donc vous ne devriez pas en croiser souvent.

