Bonjour et bienvenue dans Le Dico ! En cette journée internationale des personnes handicapées, on vous propose un épisode sur… le handicap ! 

Gustave, personnage principal de Clair Obscur, est clairement handicapé avec son bras en moins, mais qu’est-ce-qu’on entend exactement par “handicap” ?

Selon l’OMS, “est handicapée toute personne dont l’intégrité […] est diminuée […] en sorte que son autonomie […] s’en trouve compromise”. Dans la loi française, le handicap est “toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société […]”. Deux définitions, mais une notion commune et indispensable : le handicap se définit par rapport aux autres, et surtout, à la société.

On est donc handicapé parce qu’on est inadapté aux autres, et à l’environnement dans lequel on vit. La notion de handicap est donc éminemment sociale et dépendante du contexte. Par exemple, les personnes sourdes sont handicapées dans un monde qui n’est pas fait pour eux, parce que le langage oral et écrit prédomine dans nos sociétés, que la langue des signes française est maîtrisée par trop peu de personnes, et que la majorité des sourds ne lisent malheureusement pas le français écrit.

Pour prendre un exemple plus simple, être “trop” grand, ou “trop” petit peut aussi être un handicap. Je fait 1m50, je vis avec mon conjoint de 1m85, et nous sommes tous les deux handicapés à notre manière : lui quand il se cogne la tête contre le lustre, et moi quand je dois ranger une bouteille d’huile dans un placard haut. Le handicap est donc éminemment relatif.

Il peut être : 

– physique, comme un membre en moins,

– sensoriel, comme la surdité ou la cécité

– mental, comme la déficience intellectuelle

– psychique, comme la dépression chronique

Et on peut ajouter à ça tous les polyhandicaps, comme la trisomie, ou tout trouble de santé invalidant, comme un cancer avancé.

On voit que ça fait une définition très large, et on estime qu’une personne sur 6 est porteuse d’un handicap important dans le monde. Au-delà d’une espérance de vie plus courte, c’est surtout la qualité de cette dernière qui est diminuée, avec beaucoup d’autres maladies, mais aussi des difficultés d’accès au soin.

En effet, c’est très difficile pour une personne en fauteuil roulant de se déplacer en ville, pour utiliser les transports en commun, aller faire ses courses, à un rendez-vous médical, à la mairie. Les installations ne sont juste pas adaptées. Sans compter qu’en France, certains soins ne sont pas non plus pris en charge correctement. C’est le cas de certaines prothèses, mais surtout des soins de rééducation indispensables pour beaucoup de personnes handicapées, et qui doivent payer parfois des milliers d’euros pour juste pouvoir vivre.

Heureusement, si vous êtes handicapé·e en France, vous avez des droits. Déjà, celui d’être pris en charge sans discrimination. Et ça, c’est pas moi qui le dit, c’est le code de déontologie médicale, et donc le code de la santé publique qui le reprend, et vous pouvez dénoncer tout professionnel de santé qui ne respecterait pas son serment.

Ensuite, il existe de nombreux dispositifs qui permettent de pallier le handicap, déjà au niveau financier, avec des aides diverses, et en termes d’adaptation de la société, avec des lois qui contraignent les entreprises et les lieux accueillant du public à proposer une accessibilité la plus large possible.
En bref, le handicap, c’est une inadéquation à l’environnement, qui peut être transitoire ou définitive, visible ou pas (et d’ailleurs, le plus souvent parfaitement invisible), légère ou très lourde. Et qu’on veuille adapter l’environnement ou pallier les déficiences des personnes directement, les solutions se trouvent toujours dans le respect et en incluant les personnes concernées.

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Marine Mercadié

Médecin généraliste et vulgarisatrice spécialisée dans la santé mentale, la santé sexuelle, et les médecines alternatives