Nous voici de retour du Bordeaux Geek Fest 2026, et il est temps de revenir en quelques mots sur cette super expérience !

L’équipe motivée pour le Week-End !

Commençons par les présentations : le Bordeaux Geek Fest (BGF), c’est quoi ? C’est un festival qui célèbre chaque année, à Bordeaux, la culture geek sous toutes ses formes : Lego, jeux de rôle, jeux vidéo, pop-culture, artisanat, cosplay… Un grand rendez-vous auquel les membres du Tiroir participent depuis plusieurs années.

Pour Le Tiroir, c’est l’occasion rêvée de se changer les idées en s’appuyant sur ces univers de l’imaginaire que nous affectionnons tant. Mélanger pop-culture et science, c’est s’aérer l’esprit tout en touchant un nouveau public : le combo parfait ! Et on en profite pour retrouver des camarades comme ce cher Stratège Web, aussi habitué de l’événement, et qui a proposé une conférence sur Internet comme monde de Fantasy.

Cette année, nous avons eu le plaisir d’occuper la scène du Club Arthur Dent avec pas moins de six conférences.

Tout commence avec celle de Sofia, consacrée à l’univers pharmaceutique : « Ce feu de camp n’est pas une pharmacie ». Sofia ne pouvant pas quitter ses baies de serveurs, c’est un ami, Kentous, qui lui a donné vie sur scène. Parmi les éléments les plus courants dans les jeux, on trouve les barres de vie, les rangées de cœurs, les jauges d’endurance ou de mana. À cela s’ajoutent tous ces modulateurs de nos forces et de nos faiblesses, censés nous aider à mieux braver l’aventure. Leur point commun ? Les soins et autres potions que l’on prépare ou que l’on achète pour agir sur ces mécaniques de gameplay. Mais vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il y a de plus fantastique, de plus magique, autour de ces onguents et autres fortifiants ? Heureusement pour nous, pas grand-chose n’est réaliste : sinon, vous n’utiliseriez plus jamais la moindre potion sans une bonne dose de frustration digne de la série des Souls. À partir d’exemples tirés de nos licences préférées, Sofia s’interroge sur le degré d’irréalisme, flirtant souvent avec la prise de champignon doré, qui entoure le soin, et donc la pharmacologie, dans le jeu vidéo.

Ensuite, c’est Yannis « Khiox » qui est monté sur scène pour une conférence consacrée à l’héritage de Dumbledore. Le décès d’Albus Dumbledore a en effet déclenché une crise juridique sans précédent au ministère de la Magie. Entre objets de collection contestés et clauses testamentaires cryptiques, la succession du plus grand mage de notre temps tourne au véritable cauchemar pour les juristes. Rufus Scrimgeour était-il dans son droit ? À qui appartient vraiment l’épée de Gryffondor ? Une analyse aussi ludique que juridique, pour redécouvrir la saga sous un angle inédit.

Khiox en pleine introspection

Le dimanche, c’est toute l’association présente sur place, Fantine, Sacha, Yannis et Salomé, qui s’est retrouvée face au public pour parler d’Astérix et Obélix, à travers le 19e album de la série, « Le Devin ». On y suit Prolix, charlatan de son état, qui profite de la crédulité du village et de l’absence de Panoramix pour se la couler douce… avant de se laisser corrompre par les Romains et de chasser les Gaulois grâce à ses fausses prophéties. L’objectif de la conférence : montrer comment Astérix mobilise son esprit critique pour démasquer l’entourloupe, et illustrer à quel point la fiction rejoint parfois la réalité.

Puis ce fut au tour de Salomé de nous offrir une super conférence sur les questions linguistiques. Car créer une langue pour un roman, une série ou un jeu vidéo, ce n’est pas seulement aligner des sons exotiques : c’est bâtir un univers doté de sa propre identité, au service d’une histoire immersive. L’occasion d’explorer les bases de la linguistique : comment crée-t-on une langue à la grammaire crédible et au vocabulaire cohérent, tout en évitant les bugs ? Une plongée créative dans les coulisses des langues imaginaires.

Salomé à l’écoute

Petite pause le temps d’arpenter le festival, et nous reprenons avec la conférence de Sacha sur les liens entre Harry Potter et l’esprit critique. Le monde des sorciers reste difficilement compréhensible pour les Moldus, presque autant que celui des Moldus l’est pour les sorciers, d’ailleurs. Pourtant, il est peut-être plus rationnel qu’il n’y paraît : paradoxalement, l’esprit critique s’y oppose souvent à la pensée magique. C’est précisément ce rapport que la conférence se propose d’interroger, pour montrer comment la saga nous apprenait déjà à douter, bien avant l’ère des fake news.

Sacha a visiblement repéré quelque chose… mais quoi ?

Enfin, pour clôturer la journée et le week-end, Fantine revient sur le jeu vidéo de l’année, « Clair Obscur, Expedition 33 », pour parler du personnage de Lune. Dans un univers tout en émotions, celle-ci incarne une certaine forme de rationalité et de méthode scientifique. Fantine s’est ainsi penchée sur les tensions entre le jeu et la réalité, mais aussi entre les différents éléments du jeu eux-mêmes, et sur la manière dont la méthode scientifique est mobilisée par les personnages, comme par le joueur, pour avancer dans l’histoire. Lune étant connue pour jouer de la guitare, c’est sur une note musicale que s’est clos cette conférence quand Yannis “Khiox” rejoint Fantine sur scène pour un morceau de la bande originale du jeu.

Un sourire, Madame la Présidente ?

Et c’est ainsi qu’il a fallu plier bagage, sous la chaleur de la canicule bordelaise, fort contents des rencontres du Week-End et de la climatisation dans la voiture !

À l’année prochaine, on l’espère ! 

Photo

Yannis Vassiliadis

Doctorant en droit fiscal international dans la vraie vie véritable de l’IRL, je consacre mon temps libre à des activités de vulgarisation allant de conférences mêlant droit, science et fun à des formations sur l’esprit critique.