Bonjour et bienvenue dans Le Dico ! Aujourd’hui, on vous propose un épisode sur la pseudo-science.
“Astrologie, homéopathie, psychanalyse… C’est pas de la science. Mais c’est quoi alors ?”
ça ressemble à de la science, ça a le goût de la science, mais ce n’est pas de la science. C’est ?…
Du Canada Dry ?
Mais non, une pseudoscience ! Mais qu’est-ce-que c’est, une pseudoscience ?
Si la lumière a son ombre, la science a aussi son penchant maléfique, la pseudo-science. Mais c’est quoi ? On voit ça maintenant.
Quand on parle de pseudosciences, c’est généralement en opposition à la science, et il est difficile de la définir sans définir d’abord la science. Ça tombe bien, on a déjà fait une vidéo sur ce sujet, que vous pouvez retrouver juste en bas !
Les pseudosciences présentent beaucoup de traits communs avec les sciences, dans leurs savoirs ou leurs méthodes, mais avec une énorme différence : elles sont fausses et ne possèdent aucun mécanisme pour corriger leurs erreurs. Elle produit des résultats… mais ces résultats ne correspondent pas à la réalité, et on peut le démontrer.
Comme ça, ce n’est pas évident à percevoir, mais on va prendre quelques exemples pour illustrer.
1er exemple : L’astrologie. Elle se présente comme l’étude du caractère voire de la destinée des personnes en fonction du jour de leur naissance et de la composition du ciel à ce moment-là. Sauf que… Rien n’est jamais prouvé scientifiquement. D’ailleurs on a même prouvé que les astrologues ne réussissaient pas à se mettre d’accord entre eux. Pire ! On connaît aujourd’hui parfaitement les mécanismes psychologiques qui font que l’on croit en l’astrologie, notamment par ce qu’on appelle l’effet Barnum (ou effet puits). C’est l’art des phrases creuses qui marchent sur tout le monde, mais on en reparlera !
2e exemple : l’homéopathie. Là encore, on a fait une vidéo dessus donc allez la voir ! On trouve des cours à l’université, des études scientifiques voire des revues dédiées… Mais le consensus scientifique est bien que ni les mécanismes derrière l’homéopathie ni l’homéopathie elle-même ne fonctionnent. Pour le dire autrement, on sait que ça ne fonctionne pas au-delà du placebo, et on ne sait pas comment ça pourrait fonctionner au-delà de toute façon.
3e exemple : la psychanalyse. La encore c’est enseigné à l’université, on a des chercheurs qui pensent faire avancer la connaissance sur ces questions, et pourtant rien de ce qui est avancé n’est pris au sérieux par la communauté scientifique, parce que rien n’est prouvé ni démontré.
Comment distinguer les sciences des pseudo sciences ? C’est bien le problème, c’est compliqué : il n’existe aucune ligne de démarcation stricte entre les deux. La méthode avancée dans les pseudo sciences ressemble souvent à celle des sciences. Le problème vient de l’application douteuse des méthodes. Les résultats ne sont pas réplicables. La discipline contient des éléments dogmatiques. On observe une volonté de confirmer une hypothèse plutôt que de la tester, avec notamment du cherry picking dans les résultats, ce qui montre un refus de remise en question pourtant central dans les sciences. Il y a aussi une absence générale de reconnaissance par les disciplines proches. Ca c’est une question de preuve, allez voir notre vidéo !
Un deuxième problème, c’est le vocabulaire creux, complexe et vide de sens, avec des promesses souvent démesurées.
En résumé : si tu refuses qu’on vérifie ton travail… tu n’es peut-être pas du côté de la science !
Pourtant, il ne faut pas oublier que les connaissances scientifiques sont situées socialement et politiquement. Darwin a été considéré comme pseudo scientifique à une époque. Galilée aussi. La liste est longue, avec la génétique mendélienne, la tectonique des plaques ou la médecine basée sur les germes Puisque c’est le consensus qui prime, il peut se tromper !
On peut relativiser un peu. Depuis la seconde moitié du XXᵉ siècle, les méthodes scientifiques et la réflexion sur ce qu’est une connaissance fiable ont suffisamment évolué pour limiter les erreurs du passé. La phrénologie n’aurait aujourd’hui aucune chance d’être prise au sérieux.
Mais il reste des cas limites, comme l’“evopsy” (psychologie évolutionniste), sur lesquels même les scientifiques ont du mal à trancher.
Bref : il n’y a pas une frontière nette, mais plutôt un gradient de disciplines, de “très scientifique” à “pas du tout”, avec tout un tas de zones grises au milieu.

