Bonjour et bienvenue dans Le Dico ! Aujourd’hui, on vous propose un épisode sur la science !

La science se trompe… et c’est exactement pour ça qu’elle fonctionne.

Quand on utilise le mot science, on parle généralement de deux choses bien différentes. La science, ça désigne d’abord un corpus de connaissances, de savoirs. C’est le sens que l’on utilise quand on dit que « la science a prouvé l’efficacité des vaccins », par exemple. Mais la science, ça désigne aussi la démarche et les méthodes que l’on peut utiliser pour découvrir ou créer de nouvelles connaissances. 

Bref : la science, ce n’est pas juste “ce qu’on sait”, c’est aussi “comment on le sait”.

Ce qu’il faut retenir, c’est que dans tous les cas, ces connaissances sont relatives, évolutives et qu’elles n’ont pas de prétention à être absolues. De plus, la science est collective. 

La science est relative. Les connaissances scientifiques sont objectives, puisqu’une connaissance vraie à un endroit ne devient pas fausse à un autre endroit. 

Mais la création des connaissances est située sur le plan politique et social : leur production est influencée par le contexte politique, social et culturel. Les chercheurs sont humains : ils dépendent des financements, des institutions… et parfois de la machine à café.

La science est évolutive. Les connaissances scientifiques changent en permanence pour se corriger. C’est même une force : reconnaître qu’on s’est trompé, ce n’est pas un échec, c’est une mise à jour. C’est un mécanisme important de la science, la démarche permet en permanence de corriger et d’affiner les connaissances. On n’a pas de problème à accepter qu’on s’est trompé, que quelque chose que l’on pensait vrai est en fait faux ou imprécis, et qu’il faut corriger notre compréhension des choses. Rien n’est figé !

La science n’a pas la prétention d’être absolue. La démarche scientifique est la seule démarche qui nous permette d’avoir des connaissances objectives sur le monde,  mais elle ne prétend pas tout expliquer, ni qu’elle pourra un jour tout expliquer. Cela ne veut pas dire que la science est compatible avec les croyances religieuses par principe. En revanche, cela veut dire que personne n’affirme tout savoir, et que tout scientifique honnête intellectuellement accepte de reconnaître les limites de la connaissance à un moment donné. De plus, plus on crée de connaissances, plus on découvre de nouvelles questions insoupçonnées sur l’infiniment petit ou l’infiniment grand.

Enfin, la science est fondamentalement collective. C’est d’ailleurs ce qui distingue la science moderne des démarches philosophiques antiques où certains étaient à la fois physiciens, mathématiciens, médecins, chimistes et philosophes … et peut-être même boulanger le week-end. Depuis au moins Newton, même si les chercheurs ne travaillent pas ensemble, ils utilisent les découvertes et les résultats les uns des autres. Ils se corrigent mutuellement, soit du vivant les uns des autres soit à travers l’histoire. 

Sur le plan de la méthode, on considère généralement que si la science passe par l’expérience, alors ces expériences doivent être reproductive, cad qu’on doit pouvoir retester ce qui a été fait dans les mêmes conditions. De même, les théories doivent être réfutables (ou falsifiables), cad qu’il doit être possible d’imaginer une expérience les remettant en cause. Même pour les théories les plus robustes comme l’évolution ou la relativité. Si beaucoup de sciences sont expérimentales, et que la science est trop souvent pensée comme uniquement expérimentale (voir Def Feynman) il ne faut pas oublier que certaines sciences ne le sont pas. L’histoire, la linguistique, la sociologie et même le droit, sont des disciplines scientifiques qui ne sont pas expérimentales. Ce n’est donc pas tant l’expérience que l’adéquation aux faits, et surtout aux faits postérieurs à une théorie, qui caractérisent la science. Pour le dire autrement, ce qui compte, ce n’est pas de mettre une blouse blanche, c’est d’être en adéquation avec les faits.

La science, ça permet donc de produire des connaissances. Mais comment on distingue la vraie science d’une pseudo science ? Un Didier Raoult d’un Luc Montagnier (attention y’a un piège)? Ça, on le verra dans la vidéo suivante sur les pseudosciences !

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Sacha Sydoryk

Docteur en droit public et maître de conférences, je vulgarise le droit et l’épistémologie de façon fun et didactique. En tout cas, j’essaie !