Bonjour et bienvenue dans Le Dico ! Aujourd’hui, on vous propose un épisode sur le Doctorat ! 

Appelez-moi docteur ! 

Voilà un privilège normalement réservé aux gens qui ont un doctorat. Mais c’est quoi un doctorat ? Avant tout c’est un diplôme, presque le plus haut diplôme universitaire. Au dessus c’est l’habilitation à diriger des recherches qui permet… de diriger des recherches. On va parler ici du doctorat de science, le PhD, celui de Sheldon Cooper et d’Idriss… non pas lui. PhD c’est pour philosophiæ doctor, littéralement “Docteur en philosophie”. C’est une appellation qui peut être trompeuse parce qu’évidemment ça ne concerne pas que la philosophie mais toutes les disciplines scientifiques. On l’oppose au MD, medicine doctor. Celui de médecine est différent dans ses modalités, mais l’idée reste la même. Les modalités sont vraiment différentes en termes de durée, d’attendus, de soutenance et même de conséquences.

Le doctorat vient à la suite de plusieurs années de recherches qui permettent de produire une contribution originale à la connaissance, à la science, dans un domaine précis : droit, physique, histoire, etc. C’est une formation à la recherche, par la recherche.  Le doctorat en médecine, c’est la même idée mais généralement la recherche sera plus courte. De manière générale, les durées des doctorats varient énormément selon les disciplines, ça commence à 3 ans mais parfois c’est beaucoup plus, notamment dans les sciences humaines où dépasser les 5 ans est tout sauf exceptionnel. Les méthodes sont différentes, tout comme le résultat produit. Dans certains domaines comme le droit, on attend des productions finales rédigées beaucoup plus longues, les sciences expérimentales tolèrent des productions finales plus réduites en taille. Sauf que c’est pas la taille qui compte mais la manière dont on le fait, le doctorat. Le doctorat évidemment. 

Le doctorant ou la doctorante, celui ou celle qui prépare le doctorat, va produire un document, une sorte de dissertation, autour d’un thème extrêmement pointu. Selon la discipline, la recherche prend plusieurs formes : expérimentale ou non, avec ou sans entretiens, etc. mais toujours avec des heures passées à bosser en étant encadrés par une direction de thèse. La méthode c’est le cœur de la thèse, en même temps c’est normal, on est en science, on n’est pas là pour enfiler des perles mais pour produire une connaissance utilisable, et critiquable, par nos pairs, il faut donc que la manière de produire cette connaissance soit fiable. Sa détermination est d’ailleurs un moment important du travail de thèse puisque ça conditionne toutes les actions qui vont être entreprises par la suite. 

Une fois ce travail fait, et tant d’autres puisque la vie d’un doctorant est assez difficilement réductible à quelques tâches, on assiste à la soutenance de thèse, un moment où le thésard ou la thésarde va confronter sa recherche à des experts et expertes de son domaine qui vont pouvoir lui apporter l’onction, lui attribuer le grade de docteur. On va revenir un instant sur la vie en doctorat, on aura tout loisir d’en parler dans une éventuelle future vidéo mais il faut savoir que le doctorat ce n’est pas seulement la thèse. Il est généralement attendu du doctorant ou de la doctorante qu’il ou elle participe à des événements scientifiques, voire publie dans des revues. La vie de celui ou celle qui prépare un doctorat change drastiquement selon son champ d’étude puisque les attendus universitaires, les possibilités et plus largement les cultures ne sont pas les mêmes. L’expérience d’un doctorant en physique à Strasbourg n’a rien à voir avec celle d’une doctorante en droit à Toulouse. C’est le jour et la nuit. 

Avant la soutenance, on constitue un jury d’experts. Les deux rapporteurs vont rendre des pré-rapports qui autorisent ou non la soutenance. Enfin, c’est le jour de la soutenance qui, elle aussi, varie selon les disciplines. Si c’est un moment solennel pour tout le monde, les pratiques varient mais l’idée reste celle d’un jury avec des rapporteurs et rapportrices et des examinateurs qui ont lu les travaux, sont en position d’expertise vis à vis des questions abordées, et d’un impétrant, puisque c’est alors son nom, qui va répondre à leurs questions sur son travail. L’idée n’est pas de savoir s’il sait ce qu’il a produit, ça en général c’est considéré comme acquis quand on a passé plusieurs années sur des travaux, mais de pousser la réflexion plus loin et de voir les forces et les faiblesses de la production. À la fin, l’impétrant est élevé au grade de docteur par le jury. 

On peut faire un doctorat pour enseigner, notamment à la fac, mais pas uniquement, avoir fait un doctorat développe un certain nombre de compétences et capacités très prisées en entreprise. L’emploi des docteurs est un sujet particulier, notamment en France où le titre fait un peu peur et nous ne sommes pas là pour faire la publicité du doctorat, mais il est généralement reconnu que les compétences nécessaires pour aboutir à la production d’une thèse de doctorat constituent des forces pour un emploi futur même en dehors de l’université. On peut par exemple mentionner une capacité d’auto-organisation voire de discipline assez marquée puisqu’en général le doctorant ou la doctorante se retrouve à organiser son travail seul ; il est aussi nécessaire de parler de la rigueur qui va avec tout travail scientifique, une rigueur maintenue dans le temps puisque les travaux sont longs ; et pour finir, dans la même veine, une capacité à ne pas lâcher même quand le contexte devient difficile, parce qu’une thèse c’est des hauts et des bas et qu’il faut se maintenir malgré tout. 

Toutefois, et encore une fois selon les domaines, la carrière universitaire dans l’enseignement et la recherche reste une voie envisageable, mais pour ça je vous renvoie à la vidéo sur les enseignants chercheurs !

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Yannis Vassiliadis

Doctorant en droit fiscal international dans la vraie vie véritable de l’IRL, je consacre mon temps libre à des activités de vulgarisation allant de conférences mêlant droit, science et fun à des formations sur l’esprit critique.